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Pendant trois jours, ils se sont regroupés en bas des locaux du groupe Marie Claire, à Issy-les-Moulineaux. Du 24 au 26 juin, une partie des salariés du groupe (éditeur de Marie Claire, Cosmopolitan, Famili, etc.) s'est mise en grève afin de réclamer une augmentation collective de 150 euros, arguant de l'augmentation de l'inflation ainsi que de « la situation prospère du groupe », selon Francis Ambois, délégué CGT. Ils ont dénoncé l'accord salarial signé par la direction avec FO, qui prévoyait une revalorisation salariale de 2,5 % pour les salaires en dessous de 4 500 euros, jugeant que ce système de pourcentage entraînait « de nouvelles disparités financières entre un salarié à 2000 euros et un autre à 4 000 euros ».
« Ambiance délétère »
Le 26 juin au matin, les délégués syndicaux et une centaine de salariés grévistes ont organisé une conférence de presse devant les locaux du groupe. Était aussi présente une déléguée de l'intersyndicale CGT-CFDT de Lagardère Active, venue pour montrer la solidarité du groupe de presse de Levallois-Perret avec ses confrères. « Aujourd'hui plus que jamais, à un moment où les chantiers sociaux sont de plus en plus nombreux, des revendications salariales à la question des droits d'auteur en passant par les développements sur Internet, il s'agit de renforcer les ponts entre les salariés des sociétés de presse », a déclaré la déléguée syndicale de Lagardère. « Un délégué syndical de Prisma Presse nous a également rejoints alors que nous manifestions dans les locaux afin de nous faire bénéficier de ses conseils : les salariés de Prisma se sont eux aussi mis en grève en février dernier », explique une gréviste.
Les salariés dénoncent un climat social de plus en plus tendu, « une communication difficile avec la direction » et « une ambiance délétère ». « Nous sommes en négociations depuis deux mois. Ce n'est pas ce que j'appelle ne pas communiquer. Ma porte est toujours ouverte », déclare pour sa part le directeur des ressources humaines de Marie Claire, Marc Desgorces-Roumilhac. La direction ajoute par ailleurs que, sur les cinq dernières années, « plus de 70 % des bénéfices ont été réinjectés dans le groupe par l'actionnaire familial et le groupe Lagardère (actionnaire à 42 %), pour financer son indépendance et son développement ». Les salariés ont suspendu leur grève vendredi 26 juin afin de rencontrer la direction.
Delphine Le Goff
430. Nombre de salariés à temps plein, sans compter 110 équivalents temps plein (pigistes).
237 millions d'euros. Chiffre d'affaires consolidé. La marge opérationnelle est d'environ 15 %.
3 700 euros. Salaire moyen brut.
3 300 euros. Salaire médian brut.