L'humeur du planneur
Re-belle
La logique de la publicité n'a jamais été très éloignée de celle des contes de fées. On y trouve le drame fondateur (la tâche, l'excès de poids, le prix trop élevé, etc.), le héros (la marque, bien sûr, sorte de prince charmant des linéaires) et le principe narratif de la transformation de soi qui permet à la fermière de devenir reine et à la ménagère de se sentir, au choix, mère parfaite ou séductrice sans complexe. En mettant en scène Cendrillon dans son dernier spot, la Banque populaire vient nous rappeler cette proximité. Mais, si ce spot signe la volonté de la banque de mettre un pied dans le merveilleux (ce qui n'est pas gagné d'avance), il est aussi une manière de nous présenter Cendrillon sous un jour nouveau. Pas sous celui, attendu, de la transformation et de la trajectoire person-nelle jusqu'au prince charmant comme dans les contes, mais sous celui de la révéla-tion. Ici, Cendrillon ne devient pas une autre. Elle se révèle à elle-même en décidant de quitter soeurs et balais... pour aller à la Banque populaire. Rebelle, Cendrillon. Et encore plus belle (re-belle) quand elle enlève sa coiffe, comme ne manqueront pas de le noter les psy. « Quand votre banque partage votre audace, ça donne des ailes ». Une façon de suggérer, qu'aujourd'hui, si l'on veut voir sa vie changer, l'argent seul ne peut suffire. Il faut aussi du caractère et de la détermination. Et peut-être même être un peu rebelle.
Duchemin (duplanning@gmail.com)